Transidentité et fertilité

La fertilité est une question qui revient souvent dans le cadre d’un parcours trans et qui peut aussi inquiéter l’entourage. Aussi, je vais vous présenter les solutions possibles qui s’ouvrent à vous.

Avant d’aller plus loin, sachez qu’il n’est actuellement pas possible d’avoir recours à ce genre de solution en France pour une personne trans (et uniquement pour les personnes trans). Cependant, les pays voisins, comme l’Espagne et la Belgique, les proposent, et ce, peu importe le pays d’origine de la personne.

Note de mise à jour : Actuellement, le centre parisien de Tenon, celui de Bondy (Seine-Saint-Denis) et de Lille (Nord) affirment accepter de recueillir les ovocytes et les spermatozoïdes des personnes transgenres. L’hôpital Cochin (Paris) compte le mettre en place courant 2019. (Article de Libération)

Les informations ci dessous proviennent de cliniques belges, aussi, il peut y avoir des différences si vous allez dans un autre pays.

1. Préservation de la fertilité

Il s’agit de faire congeler ses gamètes (spermatozoïdes, ovocytes) dans le but de pouvoir les réutiliser plus tard.

Pour les femmes trans (Mt*)

Les spermatozoïdes des femmes trans peuvent être congelés avant le début de la thérapie hormonale. La seule condition est de ne pas encore avoir débuté le traitement hormonal.

Il n’y pas d’âge minimum pour la congélation des spermatozoïdes mais les jeunes filles trans qui ont déjà commencé à prendre des inhibiteurs au tout début de leur puberté n’ont pas la possibilité de faire congeler leur sperme. Pour ce faire, il faut en effet que la production de sperme ait commencé, et que la testostérone ait donc d’abord pu agir sur le développement du sexe masculin.

Pour répondre à ce problème, il est possible de congeler du tissu testiculaire par prélèvement chirurgical. Cette technique évite en outre la nécessité de devoir se masturber.

L’utilisation de tissu testiculaire congelé est actuellement encore à un stade expérimental, bien que disponibles dans certaines cliniques, cette technique n’offre aucune certitude en ce qui concerne l’utilisation du tissu prélevé dans le cadre d’un futur traitement de fertilité.

Pour les hommes trans (Ft*)

Les hommes trans peuvent faire congeler des ovocytes. La ponction d’ovocytes se fait de préférence à partir de 18 ans, et idéalement avant le début du traitement hormonal.

Si le traitement hormonal a déjà commencé, il faut l’arrêter temporairement, pendant 3 à 6 mois. Pour ce faire, ils doivent d’abord passer par une stimulation hormonale au moyen d’hormones féminines, et ce pendant trois semaines ce qui permet la maturation de plusieurs ovocytes. Le suivi de cette stimulation ovarienne se fait au moyen d’une échographie vaginale.

Il est également possible de congeler du tissu ovarien, et ce avant l’âge de 18 ans. Mais comme pour les femmes trans, ceci est encore expérimental et n’offre aucune certitude quant à l’utilisation dans le cadre d’un traitement de fertilité.

2. Traitement de fertilité

Utilisation des gamètes congelées dans le but d’avoir un enfant.

Pour les femmes trans (Mt*)

Il est actuellement impossible pour les femmes trans d’être elles-mêmes enceintes et d’accoucher.

Si la partenaire est une femme, le sperme congelé de la femme trans peut toutefois être utilisé pour une insémination. Si la qualité du sperme congelé est bonne, la partenaire peut directement être inséminée avec. Dans le cas contraire, des techniques telles que la fécondation in vitro (FIV) ou l’insémination par injection intracytoplasmique de sperme (ICSI) peuvent être utilisées pour féconder l’ovule. Cela permet de donner naissance à un enfant biologiquement apparenté aux deux parents.

Si le partenaire est un homme, il faudra une donneuse d’ovocytes et une mère porteuse.

Pour les hommes trans (Ft*)

Si la partenaire est une femme, les ovocytes congelés de l’homme trans peuvent être utilisés pour une fécondation (FIV) ou une insémination par injection intracytoplasmique de sperme (ICSI) au moyen d’un échantillon de sperme provenant d’un donneur

Lorsque l’homme trans a un partenaire masculin, l’échantillon de sperme de ce partenaire peut être utilisé pour féconder les ovocytes congelés. Cela permet de donner naissance à un enfant biologiquement apparenté aux deux parents, mais il est toutefois également nécessaire d’avoir une mère porteuse pour ce faire.

3. Où s’adresser ?

Depuis 2003, le Comité d’Éthique de l’UZ Gent permet la conservation et l’utilisation du sperme de femmes trans. Les couples qui s’adressent à l’UZ Gent en vue de suivre un traitement de fertilité, et dont l’un des deux partenaires est transgenre, sont traités de la même façon que, par exemple, les couples lesbiens, les parents isolés, les mères porteuses…

A savoir : Bien que la conservation soit facile d’accès, l’utilisation ultérieure, elle, est soumise à un examen psychologique et à une évaluation multidisciplinaire et, si nécessaire, l’équipe demande l’avis du Comité d’Éthique.

Les traitements de fertilité ne sont en principe pas réalisés pendant un processus de transition, mais avant ou après.

Pour ma part j’ai contacté 2 autres cliniques (UZ Gent étant du côté flamand, je voulais une clinique francophone)

Centre de Procréation Médicalement Assistée du CHU St Pierre
322, rue Haute
1000 Bruxelles
+33(0)2 535 34 06

Il vous faudra prendre un premier rendez vous de contact pour avoir les détails du parcours.

Clinique UZ Brussel Clinique de la fertilité CRG-Bruxelles
Avenue du Laerbeek 101-B-1090 Bruxelles  (Jette)
+32 2 477 66 99
Possibilité d’avoir les tarifs (Cliquez ici)
La liste des examens à présenter à la clinique (Cliquez ici)

Ils prennent en compte la distance, et offrent la possibilité de faire les 3 rendez-vous obligatoires dans la même journée : médecin + psychologue + prélèvement (dans le cas d’une congélation d’éjaculat).

Pour la congélation, il y a besoin d’avoir les résultats d’une prise de sang de moins de 3 mois. La clinique envoi la prescription avec un délai de quelques jours par email.

Dans tous les cas, n’oubliez pas que :

Ils ont la possibilité de congeler le sperme mais l’insémination n’est pas garantie ! La décision dépendra d’une réunion pluriprofessionnelle, où ils vérifient que le couple a pensé à toutes les éventualités, que le projet est réfléchi, notamment sur les question de l’affiliation, de législation du pays d’origine etc …


Sources

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