Les bases à connaître sur la

Transidentité

(en 5mn, pas plus !)

La population trans en occident est de 0,3 à 1,6%, et a toujours existé, en toutes époques et toutes cultures.

Vous avez donc certainement rencontré des centaines de personnes trans sans le savoir. Ce sont des gens comme les autres.

Les personnes trans peuvent commencer leur transition à tout âge, dans tous les milieux sociaux. Ils et elles ont particulièrement besoin de soutien durant les premiers mois et années de leur parcours.

Connaissez-vous le lexique ?

Les personnes trans sont les personnes qui vivent ou qui souhaitent vivre dans un genre différent de celui qui leur a été assigné à leur naissance.

La transition de genre (ou juste transition) est un long processus qui permet à une personne de s’affirmer dans le genre dont elle se perçoit, et dans lequel elle peut s’épanouir. 

Cela peut passer (ce sont des exemples) par un nouveau prénom, une nouvelle garde-robe, un coming-out, un travail de la voix, un traitement hormonal, des opérations, etc.

Un homme trans

Homme assigné fille à la naissance.
On s’adresse à lui et on parle de lui au masculin.

💡 On parle « d’assignation à la naissance » pour désigner le genre que l’on nous attribue arbitrairement bébé. 

Une femme trans

Femme assignée garçon à la naissance.
On s’adresse à elle et on parle d’elle au féminin.

Une personne non-binaire

Personne qui ne s’inscrit pas dans la norme binaire, c’est-à-dire que son genre est : ni homme ni femme, est entre les deux ou est un mélange des deux.

Ses pronoms sont à sa décision.

Une personne cis

En opposition avec l’adjectif trans, on appelle les personnes cis ou cisgenres les personnes qui ne sont pas trans. Il s’agit de la majorité des gens.

💡 On retrouve ces racines latines (cis : « du même côté » et trans : « de l’autre côté ») avec la Cisjordanie et Transjordanie, qui sont des régions de part et d’autre de la vallée du Jourdain.

Une personne intersexe

Personne née avec des caractéristiques sexuelles primaires et/ou secondaires considérées comme n’étant typiques ni du féminin ni du masculin.

Transidentité et intersexuation sont deux choses très différentes, même si certaines personnes sont les deux.

💡 Appelé à tord « hermaphrodite », ce terme est jugé inadapté et insultant.

Transgenre ou transexuel ?

👉 Il n’y a aucune différence (mais préférez juste « trans »)

Pour certaines personnes, la différence entre transgenre et transexuel se constitue dans le fait d’avoir fait une opération de changement de sexe : c’est faux

Contrairement à une idée reçue, ces deux termes veulent dire la même chose. Ils sont simplement utilisés par des personnes différentes (générations, groupes…).

Le mot transgenre est devenu à la mode pour des raisons variées (rejet partiel du lexique médical et psychiatrisant et appropriation du mot « genre ») et c’est celui qui est le plus commun désormais.

Utilisez les bons
pronoms et prénoms

Le mégenrage est l’utilisation de mauvais pronoms pour parler d’une personne trans.

Par exemple : parler au masculin d’une femme trans.

Même si vous trouvez ça insignifiant, le mégenrage est une attaque violente, remettant en cause la légitimité de la personne trans. Il ne faut pas le faire et se corriger quand ça arrive par erreur.

De la même façon, entendre son ancien prénom (parfois appelé : « deadname ») peut être une source de souffrance pour les personnes trans. Si vous vous trompez, corrigez-vous et essayez de ne pas le refaire, ça arrive à tout le monde.

💡 Utilisez aussi ces noms et pronoms choisis pour parler du passé

Quand vous parlez de l’enfance d’une personne trans, conjuguez aux bons pronoms, même si vous parlez d’un événement ayant eu lieu avant son coming-out.

Cette personne trans a toujours été du genre qu’il / elle revendique, même si il / elle avait une apparence différente à l’époque.

👉 Si vous avez du mal, utilisez des tournures de phrase sans genre. Par exemple, “C’était déjà une personne incroyable !”.

Petit recueil de 

phrases à éviter 🙊

« Houah on dirait vraiment un homme / une femme ! »

« On dirait » ? Alors il / elle ne l’est pas ? Le sentiment derrière une telle phrase est sûrement bon, mais ne sera pas perçu positivement.

« Et tes parents, ils l’ont pris comment ? »

Vous obligez peut-être votre interlocuteur à se plonger dans de mauvais souvenirs. En général, quand quelqu’un nous pose la question, il attend un spectacle larmoyant, et il serait presque déçu quand ça n’arrive pas…

« Il / Elle est plus beau / belle maintenant »

Être trans ne veut pas dire que l’on se trouvait moche avant la transition. Ne comparez pas l’avant / après, dites
juste « Il est beau » ou « Elle est belle ».

« Tu t’es fait opérer ou pas ? »

Les personnes peu informées sur le sujet adorent poser des questions qui relèvent de l’intimité. Cela ne vous regarde pas et si vous êtes au courant, gardez cette information pour vous.

« C’était quoi ton ancien prénom ? »

Ne demandez pas d’informations concernant la vie d’avant la transition d’une personne trans. Il s’agit d’informations privées et qui délégitime la personne trans.

« Ça se voit qu’il / elle est trans »

Bien qu’il n’y ait rien de mal à être visiblement trans, la plupart cherchent à se « fondre dans la masse ».

Se voir rappeler régulièrement que l’on est visiblement trans peut provoquer une violence morale et de l’anxiété sociale.

Vous ferez des maladresses : tout le monde aussi bienveillant soit-il, peut en faire, surtout au début.

Excusez-vous, corrigez-vous, et surtout, ne vous vexez pas si on vous reprend.

💡 Notre astuce (qui marche aussi pour les personnes cis) : plutôt que juger le physique d’une personne, complimentez sa tenue, son assurance, ses progrès, son maquillage, ses compétences à l’école ou au travail…

C’est quoi la dysphorie de genre ?

La dysphorie de genre (en opposition à « euphorie ») peut se manifester par un sentiment personnel qu’il y a un décalage entre :

  • Le genre qui a été assigné à la naissance
  • Le genre de la personne qui est perçu par la société
  • Et la perception de sa propre identité

Ces décalages peut provoquer une dissociation avec l’image que l’on a de soi, pouvant aller jusqu’à mettre en danger la personne.

La seule manière connue de réduire cette dysphorie est la transition de genre.

👌 Notez qu’il n’est pas nécessaire de ressentir de la dysphorie pour être trans, et que cette dernière peut prendre des formes très diverses selon les gens.

« C’est juste une phase » 👉 FAUX

0 %

des personnes trans ne changent pas « d’avis » après avoir commencé une transition

Suite à une étude réalisée sur 3000 personnes trans de tous âges aux Etats-Unis en 2015, un pourcentage de 0.4% des personnes ayant entamé une transition ont compris après coup qu’ils n’étaient pas trans. (soit 12 personnes sur 3000).

Les résultats indiquent que les personnes trans qui se sentent assez sûres d’elles pour faire un coming-out vont en très large majorité assumer leur choix dans la durée.

D’ailleurs, la moitié de ces 0,4% de ces dé-transitions ont été simplement temporaires pour les personnes trans, qui ont attendu d’être dans un environnement plus propice, quand l’origine était la pression extérieure, pour faire leur transition.

🤷‍♀️ Et même si une personne trans change d’avis après coup, ce n’est pas grave, même après plusieurs mois de traitement hormonal la plupart des changements sont réversibles. Ça fait partie de la vie !

« Non mais de toute façon ça se voit » 👉 FAUX

0 %

des personnes trans indiquent être perçues comme trans “jamais” ou “rarement” ou “parfois”

Les personnes trans vivent pour la plupart une phase “d’entre-deux”, pouvant s’écouler à quelques mois à quelques années, durant laquelle elles peuvent vivre plus de violences, en raison du fait qu’elles sont plus visibles en tant que trans.

Mais après quelques années, la plupart des personnes trans obtiennent un “passing” (c’est à dire qu’elles sont perçues comme des hommes / femmes cis dans leur vie de tous les jours).

Pour aller plus loin

Des ressources pour celles et ceux qui souhaitent être demeilleurs soutiens pour les personnes trans.

Nous sommes là. Nous existons.

De personnalités trans publiques qui s’assument pleinement et changent le regard sur la transidentité.

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en accompagnement d’un coming-out.

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