Témoignage

Raphou, un homme trans de 18 ans

Présentez-vous en quelques mots
J’ai 18 ans, je vis encore chez ma mère, j’ai terminé le lycée en 2019. J’ai fais mon changement de prénom 3 jours après ma majorité en mai 2019. Le changement a été accepté 1 semaine après. J’ai enchaîné avec le changement d’état civil que j’ai été déposé au mois de juillet, j’attends toujours la réponse depuis. Je suis à 6/7 mois d’attente. J’attends d’avoir la réponse du tribunal pour trouver du travail, car je n’aime pas expliquer à chaque personnes que je vais rencontrer au travail ce que je suis. Donc j’attend de faire mes papiers et après j’entamerai cette démarche.
Racontez votre parcours jusqu’à comprendre que vous étiez trans. Comment l’avez-vous compris ?
J’ai compris que j’étais trans, enfin j’ai surtout qu’un compris qu’il avait un truc qui n’allait pas, quand je me suis fais couper les cheveux chez le coiffeur. J’avais un sweat rose ce jour-là, ma poitrine encore voyante (je ne portais rien pour la cacher) et je suis rentré dans le McDo, et j’aimais pas du tout le fait d’avoir les cheveux court et un sweat rose devant des personnes, parce qu’ils allaient savoir à 100% que je n’étais pas un garçon. Et c’est là que j’ai commencé à faire mes recherches, puis j’ai commencé à cacher ma poitrine avec un maillot de bain à une pièce un peu trop serré pour faire en sorte que ça compresse assez ma poitrine. La fois où je me suis fait couper les cheveux j’étais en stage dans une maternelle et les enfants m’avaient connu avec une queue de cheval et le lendemain je suis revenu avec les cheveux courts donc ça les as tous choqués ce qui était normal. Mais il y avait quand même quelque chose qui m’avait particulièrement blessé, une petite fille m’avait fait la remarque comme quoi elle ne s’assiérait plus à coter de moi. Vous allez sûrement penser que c’est seulement des paroles d’une gamine et qu’elle ne le pensais pas, enfin bon, la chose qui me fais sourire maintenant c’est que le même enfant m’avait dit que je ressemblais un garçon et maintenant quand je repense à cette phrase je souris. Après, est venu ma rentrer au lycée, ce qui comprends :
– mon deadname
– ma voix pas du tout masculine
Et pleins d’autres choses.
Au lycée, ce qui était un dilemme pour moi, la chose la pire, c’était les toilettes et les vestiaires. J’avais toujours cette peur de rentrer dans les toilettes des filles et qu’on me dise que je me suis trompé, ou alors si j’allais dans les toilettes des gars qu’on me dise que je n’ai pas ma place ici, et c’est toujours le cas aujourd’hui, je ne peux pas mettre un pied dans des toilettes où c’est un côté garçons et un côté filles. Je m’empêchais aussi de parler dans les couloirs du lycée car je ne voulais pas qu’on s’aperçoive que je n’étais finalement pas un garçon. J’ai utilisé mon deadname pendant 1 an presque puis pour ma deuxième et dernière année j’ai demandé à ce qu’on m’appelle Raphaël, parce que j’en avais marre. Mes profs ont été très compréhensifs. Avant tout ça, il y a eu une réunion avec tous mes professeurs, et des personnes au niveau de la direction de mon lycée. Cette réunion a été faite parce que j’ai eu de l’aide par l’association GAGL45 qu’il y a chez moi, la personne qui s’est occupé de ça, je la remercierai jamais assez. C’est aussi cette même personne qui m’a aidé pour mon changement de prénom et mon CEC. Petite parenthèse, si vous avez des associations près de chez vous, n’hésitez pas à poser vos questions ou demander de l’aide. En ce qui concerne mon traitement hormonal, j’ai eu la chance de le commencer au mois de février 2019, après avoir vu un psychiatre et une endocrinologue le même jour (car je ne voulais pas faire d’aller retour, puisque ce n’était pas chez moi) j’ai eu mon attestation directement. On est le 14 février 2020 au moment où j’écris ça donc mes 1 ans sous T arrive bientôt.
Quelles ont été vos inquiétudes ? Comment les avez vous surmontées ?
Ce qui m’inquiétait le plus c’était mon traitement, j’avais peur de ne pas trouver d’infirmière, de ne pas pouvoir payer la testo. Mais j’ai fais une demande d’ALD et puis finalement tout s’est bien passé. Je ne pense pas qu’on peut battre la dysphorie, je pense qu’il y a des jours oui on peut la battre mais je ne pense pas qu’elle parte vraiment. C’est quelque chose qui va rester dans un p’tit coin chez nous. Et qui peut ressortir à tout moment. Il y a des jours où on peut se sentir nous à 100% puis d’autres où c’est pas du tout ça.
Comment se sont déroulés vos coming-outs ? Si vous ne l’avez pas (encore) fait, pourquoi ?
Pour mon coming out, j’avais fais mon CO à ma mère en lui disant que j’étais lesbienne bien avant que je comprenne qui j’étais vraiment. Ça s’est bien passé puisqu’elle s’en doutait un peu. Puis j’en viens à mon CO où je lui dis que je me voyais comme un garçon, que je voulais qu’elle ne m’appelle plus par mon deadname. Ça a été dur pour elle et ça l’est encore mais moins qu’avant. Donc ne perdez pas espoir et n’ayez pas peur de prouver votre véritable identité.
Racontez quelles sont les personnes qui vous ont aidées durant votre transition.
Ma mère, mes sœurs, mon ancienne meilleure amie, mes amies, quelques membres de ma famille du côté de ma mère. J’ai fais mon coming out aux membres de ma famille du côté de ma mère sur messenger. J’ai créé un groupe avec tous le monde et ça s’est super bien passé. J’ai eu une réaction d’un membre de ma famille et je ne m’y attendais pas du tout. Elle m’a dit qu’elle était fière de moi et sur le moment ça m’a beaucoup touché parce que je n’y attendais vraiment vraiment pas. Et j’ai oublié de dire que j’ai aussi le soutien de la maîtresse de mon stage que j’ai fais en maternelle. Elle m’a dit que ça se voyait que j’étais plus heureux, et qu’elle était contente pour moi.
Comment se passe votre transition ? Est-ce que ça valait le coup ? Est-ce le résultat auquel vous vous attendiez ?
Ma transition se passe super bien, j’ai l’impression d’avoir plus confiance en moi. Je ne m’empêche plus de parler devant du monde maintenant que ma voix a bien évolué. Maintenant que j’ai de la pilosité au niveau des jambes, je veux les montrer h24, cette partie de mon corps me rendait dysphorique car j’avais vraiment rien et donc en été c’était horrible. Si vous voulez à tout prix commencer la testo n’attendez pas et foncez.
Racontez un moment très fort de votre transition
Le moment très fort de ma transition c’est bien sûr ma première injection. Le démarrage d’une nouvelle vie qui commence. La vie que j’ai toujours voulu avoir. Le point négatif dans la transition c’est que l’on commence à avoir une voix qui mue, un physique plus masculin mais nos papiers sont la chose qui bloque beaucoup de choses. Devoir expliquer aux personnes pourquoi il y a d’écrit ça et ça sur ce genre de papiers etc, c’est compliqué de devoir s’expliquer à chaque fois.
Un conseil à donner pour une personne trans qui voudrait se lancer ?
N’ai pas peur, c’est normal d’avoir cette peur mais lance toi. Tu ne vis qu’une seule fois. Peu importe ce que les gens autour de toi te disent, ce n’est pas eux qui vont faire ton futur. C’est toi et toi seul. Vis ta vie à toi.

Témoignage rédigé dans le cadre d’une publication pour Wiki Trans. Toute copie est interdite. Merci de respecter ces témoignages.

Vous êtes à l’origine de ce témoignage ? Contacter-nous en précisant votre adresse e-mail.

D'autres témoignages...

Asaël, homme trans de 17 ans

J’ai 17 ans et pour l’instant j’ai presque fini mon coming out, je commence très bientôt les rendrez vous afin d’être hormoné. Racontez votre parcours

Sally, femme trans de 31 ans

Votre situation Je suis en début de transition Présentez-vous en quelques mots Sally, 31 ans, fonctionnaire d’état Racontez votre parcours jusqu’à comprendre que vous étiez

Benoist, homme trans de 26 ans

J’ai 26 ans, je viens de finir mes études et je suis né dans un famille d’ouvriers assez ouverte d’esprit et en tout cas ouverte

Laksh, fille d’une femme trans

J’ai 20 ans, je vis avec ma famille à Paris depuis toujours. Mes parents sont divorcés depuis longtemps mais je suis en très bon termes

Adam, homme trans de 17 ans

Je suis un jeune homme trans de 17 ans et je viens d’une famille « normale » : père ouvrier, belle-mère prof de musique (je ne parle

Raphou, un homme trans de 18 ans