Progestatifs

Avec les œstrogènes et les androgènes, les progestatifs constituent la 3ème catégorie des hormones sexuelles. Tout comme les œstrogènes, il s’agit d’une hormone dite féminine.

Il est possible de séparer les progestatifs en deux catégories : 

Comme leur nom l’indique, leurs effets principaux sont tous en lien avec la grossesse (gestation) :

  • Maintient en état la muqueuse de l’utérus
  • Régule avec les œstrogènes le cycle menstruel
  • Permet la lactation

Bien entendu, faute d’utérus, ces effets ne s’appliquent pas aux femmes trans. Seule la lactation peut éventuellement s’appliquer à celles qui le souhaitent, mais cela ne concerne qu’une minorité des femmes trans.

De ce fait, c’est plutôt pour les effets secondaires que l’on va les prescrire pour les femmes trans. En pratique, les progestatifs ont énormément d’effets, certains pouvant être positifs, d’autres négatifs :

  • Permet de diminuer la production d’hormones sexuelles.
  • Peut aider à finaliser la pousse de la poitrine en développant les lobules terminaux nécessaires pour la lactation.
  • Peut terminer/limiter le développement de la poitrine, si prise avant le stade 3 de Tanner.
  • Peut faire gonfler la poitrine.
  • Peut altérer la rétention d’eau par le corps.
  • Peut faire augmenter l’appétit.
  • Peut favoriser l’accumulation de graisses et la prise de poids.
  • Peut augmenter le métabolisme.
  • Peut favoriser le sommeil.
  • Peut augmenter ou au contraire diminuer la libido.
  • Peut limiter ou au contraire aggraver la pilosité
  • Peut provoquer somnolence et vertiges (uniquement pour la progestérone).
  • Peut augmenter la sensation de dysphorie.
  • Peut augmenter les risques de dépression.
  • Augmente le risque de cancer du sein (particulièrement pour les progestatifs de synthèse).

⚗️ Développement mammaire

Du fait du manque d’études sur les effets spécifiques des progestatifs sur les femmes trans, leurs effets réels sont encore mal connu. En pratique, il semble y avoir une énorme différence d’effets selon les personnes.

Il y a une crainte que la prise de progestatif prise trop tôt (avant que la poitrine ait atteint le stade 3 de Tanner) puisse perturber et limiter le développement mammaire. Les études sur le sujet étant peu nombreuses et souvent contradictoires, il est difficile de savoir ce qu’il en est exactement

Si le consensus est difficile à obtenir sur cette question, un certain nombre de médecins conseillent d’attendre au moins 2 ans de THS, afin de répliquer ce qu’il se passe chez une puberté d’adolescente cis, et ainsi éviter un éventuel risque de mauvais développement de la poitrine.

Action anti-androgénique

En Europe, les progestatifs sont avant tout utilisés pour leur effet anti-androgénique. Il s’agit même du type d’anti-androgène le plus couramment utilisé.

Ceci s’appuie sur le fait que le corps régule naturellement de lui-même la production de testostérone selon la quantité d’hormones sexuelles présentes dans le sang. Sans THS, la testostérone est la seule hormone présente en quantité significative. Un fort taux de testostérone va pousser le corps à en limiter sa production, alors qu’un taux faible va au contraire augmenter sa production.

Pour faire une comparaison simple, tout ceci fonctionne un peu comme le thermostat automatique d’un radiateur qui s’arrêterait de chauffer quand la pièce est suffisamment chaude.

Sauf qu’il y a une petite particularité du corps humain que l’on va pouvoir exploiter : Le corps prend en compte les taux de toutes les hormones sexuelles (testostérone, mais aussi œstrogène et progestatifs) pour savoir s’il doit réguler sa production. Or chez une femme trans, il n’y a qu’une seule hormone sexuelle que les gonades pourront produire en quantité importante : la testostérone. 

Il suffit donc de « surdoser » n’importe laquelle des hormones sexuelles pour forcer le corps à cesser la production de testostérone. Si bien entendu, on va éviter de donner de la testostérone à des femmes trans pour accomplir cela, on peut parfaitement utiliser les progestatifs ou les œstrogènes à la place. 

Le corps va alors se rendre compte qu’il est en surdose d’hormones sexuelles et va arrêter la production des seules hormones sexuelles qu’il sait produire : la testostérone

Étant donné qu’il est courant que le taux en œstrogènes soit trop faible pour supprimer la production de testostérone, on va couramment ajouter des progestatifs pour servir d’anti-androgène.

A noter que même s’ils font diminuer le taux de testostérone, les progestatifs en eux-mêmes ont un léger effet androgéniques et anti-estrogèniques, ce qui peut venir limiter leur efficacité chez certaines personnes

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Dossier THS féminisant – Version 1.2

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